Cinéscriptographe — Attentats de Mumbai
Aperçus cinéscriptographiques (phrases-sources)
Premier semestre – novembre 2008
— « C’est toujours des onze et des multiples de trois, parce que le onze c’est la force universelle. »
Phrase envoyée par voie électronique dans une émission de France Inter, premier semestre 2008, à propos du terrorisme international.
·
— « Essai free ! »
Fragment envoyé par voie électronique à une émission de France Inter au second semestre 2008.
·
Extrait d’un courrier électronique adressé à l’émission Parking de Nuit, le 25 novembre 2008 à 23 h 36 :
— « J’assumerai si je prends le risque d’avancer sur ce fil sans filet.
Je poursuis mon chemin, sur les pistes aux étoiles, jour et nuit.
La création constructive. »
·
Autres fragments envoyés dans la nuit du 25 au 26 novembre 2008 vers 2 h 00 :
— « La presse souffre,
la foule presse,
la foule souffre,
la presse foule. »
— « Espérer voyager par vos ondes ailées.
Les chouettes dans la nuit.
Les destinées de vies.
Corps cerf ! »
Dernier poème envoyé le 26 novembre 2008 vers 3 h 50 :
— « Sauve qui peut :
Macadam, combustible,
porcelaine, cristal, faïence,
gravier d’hier,
assis en la terre,
je me tais, je m’enterre,
Omelette. »
Évènement ultérieur (mémoire révélatrice)
Dans la nuit du 26 au 27 novembre 2008, un commando terroriste arrive par la mer à Mumbai (ex-Bombay).
Les assaillants tirent sur la foule, investissent le centre-ville, prennent en otage les occupants de deux hôtels de luxe — le Taj Mahal Palace et l’Oberoi Trident — et commettent plusieurs attentats, notamment à la gare Victoria Terminus, à proximité d’une salle de cinéma et d’un hôpital.
L’attaque, revendiquée par un groupe se présentant comme les Moujahidines du Deccan, dure plus de soixante heures. Elle fait plus de 150 morts et plusieurs centaines de blessés. Parmi les victimes figure la créatrice de lingerie Princesse Tam Tam.
Lecture cinéscriptographique (a posteriori)
Relus après coup, ces aperçus se structurent autour d’un même régime de tension nocturne.
L’écriture y avance sur un fil : sans filet, sans visibilité, dans un espace saturé de signes.
Les motifs se répètent et se croisent : la foule et la presse, la nuit et les ondes, la mer et le déplacement, la fragilité des matières — porcelaine, cristal, textile.
Le mot free ne désigne pas la liberté, mais l’exposition. Avancer “free”, c’est avancer sans protection.
La mer, évoquée indirectement, devient un vecteur réel : le commando arrive par bateau.
La ville est fragmentée : gare, hôtel, cinéma, hôpital. Des lieux de passage, de repos, de représentation, de soin — tous perforés.
La figure de Princesse Tam Tam condense cette logique : le textile, l’intime, le corps exposé, la douceur prise dans une violence extrême.
Ce cinéscriptographe ne décrit pas l’attentat. Il en capte la texture préalable : saturation, nocturne, fragilité, circulation, et rupture brutale du lien.
Note
Ce cinéscriptographe n’établit aucune causalité entre les messages envoyés et les attentats de Mumbai.
Il observe comment une écriture fragmentée, nocturne et saturée peut, après coup, entrer en résonance avec un événement de violence extrême survenu dans un espace urbain mondialisé.
Il ne s’agit ni d’une intuition prophétique, ni d’un commentaire géopolitique.
Il s’agit d’une lecture par affinité de formes, où le fil, la foule, la mer et la nuit composent un même régime sensible.
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Cinescriptograph — Mumbai Attacks
Cinescriptographic glimpses (source phrases)
First half of the year – November 2008
— “It’s always elevens and multiples of three, because eleven is universal force.”
Phrase sent electronically to a France Inter program, first half of 2008, regarding international terrorism.
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— “Essai free!”
Fragment sent electronically to a France Inter broadcast in the second half of 2008.
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Excerpt from an email sent to the program Parking de Nuit on November 25, 2008, at 11:36 p.m.:
—“I will take responsibility if I take the risk of moving forward on this line without a safety net.
I continue on my path, on the tracks of the stars, day and night.
Constructive creation.”
·
Other fragments sent during the night of November 25–26, 2008, around 2:00 a.m.:
— “The press suffers,
the crowd presses,
the crowd suffers,
the press tramples.”
— “To hope to travel through your winged waves.
Owls in the night.
The destinies of lives.
corps cerf ! ” (phonetic fragmentation of “corsair” )
Last poem sent on November 26, 2008, around 3:50 a.m.:
— “Every man for himself:
Macadam, combustible,
porcelain, crystal, faience,
yesterday’s gravel,
seated in the earth,
I fall silent, I bury myself,
Omelette.”
Subsequent event (revealing memory)
During the night of November 26–27, 2008, a terrorist commando arrives by sea in Mumbai (formerly Bombay).
The attackers open fire on the crowd, seize control of the city center, take hostages in two luxury hotels—the Taj Mahal Palace and the Oberoi Trident—and carry out multiple attacks, notably at Victoria Terminus railway station, near a cinema and a hospital.
The assault, claimed by a group calling itself the Deccan Mujahideen, lasts more than sixty hours.
It leaves over 150 people dead and several hundred injured.
Among the victims is the lingerie designer Princesse Tam Tam.
Cinescriptographic reading (a posteriori)
Read after the fact, these glimpses organize themselves around a single regime of nocturnal tension.
The writing moves forward on a line: without a safety net, without visibility, in a space saturated with signs.
Motifs repeat and intersect: the crowd and the press, night and radio waves, the sea and displacement, the fragility of materials—porcelain, crystal, textile.
The word free does not signify freedom, but exposure. To move forward “free” is to move forward without protection.
The sea, indirectly evoked, becomes a concrete vector: the commando arrives by boat.
The city is fragmented: station, hotel, cinema, hospital. Places of passage, rest, representation, and care—each perforated.
The figure of Princesse Tam Tam condenses this logic: textile, intimacy, the exposed body, softness caught in extreme violence.
This cinescriptograph does not describe the attack. It records its prior texture: saturation, nocturnality, fragility, circulation, and the brutal rupture of connection.
Note
This cinescriptograph establishes no causal relationship between the messages sent and the Mumbai attacks.
It observes how fragmented, nocturnal, and saturated writing can, after the fact, enter into resonance with an event of extreme violence occurring within a globalized urban space.