Cinéscriptographe — Crise boursière et économique mondiale
Aperçus cinéscriptographiques (phrases-sources)
Le 8 janvier 2008, le président annonce la suppression de la publicité sur les chaînes de télévision publiques, le jour exact de l’anniversaire de leur création, le 8 janvier 1968.
À la radio, à propos de cette annonce, je lance :
— « C’est l’arbre qui cache la forêt. »
Le 8 avril 2008, j’embauche à France Télévisions Publicité, sans me souvenir avoir postulé à ce poste. Cette embauche intervient trois mois après l’annonce de la suppression progressive de l’entreprise.
Dans une émission radiophonique du premier trimestre 2008, j’envoie cette question :
— « Alors, récession ou boom shaka ? »
Le jeudi 3 juillet 2008, Saint Thomas, nuit de lune noire, un événement réel s’impose à moi comme un signe :
Eliote, chat blanc, entièrement blanc, légèrement enrobé, chute dans la nuit sur la tête à potence du robinet d’eau extérieur, probablement en tentant de passer de la clôture au gazon du jardin de la maison de mes parents.
Il s’enroule violemment la chair de l’aine autour du mécanisme, reste suspendu toute la nuit au-dessus du tuyau d’arrosage, se débat.
Les pompiers interviennent au matin et doivent inciser au cutter la peau enroulée autour du robinet.
La blessure à l’aine est grave. (Eliote survivra après des soins vétérinaires.)
Le 12 septembre 2008, lors d’une promenade en forêt, j’aperçois un écureuil avec une flèche.
J’en parle à voix haute, et je l’envoie comme on envoie un signe en commentaire radiophonique.
Le dimanche 14 septembre 2008, en début de soirée, j’envoie cette phrase dans une émission radiophonique :
— « Je n’ai plus de jambes, plus de bras, je tape du bout du nez : pic noir ou vert ? Une pensée pour les enfants paralysés. »
Évènement ultérieur (mémoire révélatrice)
Le lundi 15 septembre 2008, la banque Lehman Brothers déclare faillite, événement considéré comme le déclencheur de la crise boursière mondiale.
Dans les semaines qui suivent, les États mettent en place des plans de soutien massifs au système bancaire.
En France, le président annonce un plan d’aide aux banques.
À l’automne 2008, les marchés financiers s’effondrent, provoquant une crise économique mondiale et une aggravation de la crise sociale.
Cet effondrement est souvent rapproché du krach du 24 octobre 1929, dit « jeudi noir ».
Il marque une crise majeure du libéralisme capitaliste et de la libéralisation des marchés.
Lecture cinéscriptographique (a posteriori)
Relus après l’effondrement des marchés, ces aperçus s’organisent autour de corps pris dans des mécanismes devenus dangereux ou inopérants.
La chute d’Eliote — animal vivant suspendu à un dispositif de régulation — compose une image brutale : celle d’un corps pris au piège d’un système qu’il ne maîtrise pas.
La nuit sans lune, le blanc du corps, la blessure localisée à l’aine, la suspension prolongée, inscrivent une scène de blocage, de douleur et de survie.
Les phrases envoyées à la radio, privées de verticalité (« plus de jambes, plus de bras »), témoignent moins d’une anticipation que d’un état perceptif : celui d’une économie mondiale au bord de la perte d’appui.
Ce cinéscriptographe ne prédit pas la crise.
Il en capte, avant qu’elle ne se nomme, une tension corporelle et systémique.
Note
Ce cinéscriptographe ne prétend ni prévoir ni interpréter les mécanismes économiques de la crise de 2008.
Il rassemble des phrases, des images et des situations telles qu’elles ont été vécues, vues ou envoyées à la radio, puis relues après coup à la lumière d’un événement mondial majeur.
Le lien établi relève d’une résonance perceptive et temporelle, non d’une causalité.
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Cinescriptographer — Global Stock Market and Economic Crisis
Cinescriptographic Glimpses (source phrases)
On January 8, 2008, the President announces the removal of advertising from public television channels, on the exact anniversary of their creation, January 8, 1968.
On the radio, in response to this announcement, I say:
— “It’s the tree that hides the forest.”
On April 8, 2008, I am hired by France Télévisions Publicité, without recalling having applied for the position. This hiring takes place three months after the announcement of the company’s gradual dismantling.
During a radio program in the first quarter of 2008, I send this question:
— “So, recession or boom shaka?”
On Thursday, July 3, 2008 — Saint Thomas’ Day, a night of a new moon — a real event imposes itself on me as a sign:
Eliote, a white cat — completely white, slightly overweight — falls during the night onto the gallows-shaped head of an outdoor water tap, likely while attempting to cross from the fence to the lawn in the garden of my parents’ house.
He violently wraps the flesh of his groin around the mechanism, remains suspended all night above the coiled garden hose, struggling.
Firefighters intervene in the morning and must incise with a cutter the skin wrapped around the tap.
The injury to the groin is severe. (Eliote survives after veterinary care.)
On September 12, 2008, during a walk in the forest, I notice a squirrel with an arrow.
I speak of it out loud, as one sometimes does, and I send it as one sends a sign in a radio comment.
On Sunday, September 14, 2008, in the early evening, I send this sentence to a radio program:
— “I have no more legs, no more arms, I tap with the tip of my nose: black or green woodpecker? A thought for paralyzed children.”
Subsequent Event (revealing memory)
On Monday, September 15, 2008, Lehman Brothers declares bankruptcy, an event considered to be the trigger of the global stock market crisis.
In the weeks that follow, states implement massive support plans for the banking system.
In France, the President announces a bank bailout plan.
In the autumn of 2008, financial markets collapse, triggering a global economic crisis and an aggravation of the social crisis.
This collapse is often compared to the crash of October 24, 1929, known as “Black Thursday.”
It marks a major crisis of capitalist liberalism and market liberalization.
Cinescriptographic Reading (a posteriori)
Read after the market collapse, these glimpses organize themselves around bodies caught in mechanisms that have become dangerous or inoperative.
Eliote’s fall — a living animal suspended from a regulatory device — composes a brutal image: that of a body trapped in a system it does not control.
The moonless night, the whiteness of the body, the injury localized in the groin, the prolonged suspension, inscribe a scene of blockage, pain, and survival.
The phrases sent to the radio, deprived of verticality (“no more legs, no more arms”), testify less to anticipation than to a perceptual state: that of a global economy on the verge of losing its footing.
This cinescriptographer does not predict the crisis.
It captures, before it is named, a bodily and systemic tension.
Note
This cinescriptographer does not claim to foresee or interpret the economic mechanisms of the 2008 crisis.
It brings together phrases, images, and situations as they were lived, seen, or sent to the radio, then reread after the fact in light of a major global event.
The link established belongs to perceptual and temporal resonance, not to causality.